Pedro

Pedro

Un produit : le raisin
Une saison : toute l’année
Un matériel : un système d’arrosage
Une exploitation : un potager
Un plat : la chorillana

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Pedro a 58 ans, et 45 ans de travail derrière lui.

Son parcours : Pedro ne sait ni lire, ni écrire. Enfant de la campagne, il travaille depuis ses treize ans. Il a commencé par faire les vendanges, comme beaucoup dans sa région. La valle del Elqui est réputée pour son Pisco, alcool de raisins. Puis, il faut bien le dire les vendanges ça use, alors maintenant il est chargé de surveiller l’arrosage des vignes.

Son outil de travail : principalement ses jambes, il parcourt des kilomètres de vignes pour vérifier que tout fonctionne comme il faut. Toute la journée, il marche à la recherche de la faille dans le système d’irrigation. Il connaît les vignes comme sa poche et règne en maître dessus.

En tant que Pedro : il est bavard. On peut même dire qu’il n’est pas très pudique, puisqu’il n’hésite pas à se raconter à des inconnus qui viennent le prendre en photo pendant qu’il ramasse des « tuna granel » (fruit du cactus). Il est accueillant, et répond volontiers à nos questions. Il en profite pour nous compter ses expériences extraordinaires, au sens propre.

En tant que « surveillant de vignes » : il a l’air très appliqué. Il parle de son métier, avec passion. Pour lui, son métier est un des maillons importants pour obtenir un bon raisin. Et comment le contredire ? Des vignes sans une irrigation régulière et maîtrisée ne donnent pas un raisin digne de ce nom.

Ses journées : il travaille tout les jours, quand ce n’est pas dans les vignes, c’est dans son potager. Il y ramasse des avocats, des « tunas granel » qu’il vend ensuite pour arrondir ses fins de mois. Et quand c’est dans les vignes, sa première ronde commence à 9 heures du matin et la dernière finie quand le soleil se couche.

Son secret pour un bon raisin : l’irrigation parfaite. C’est son métier donc il maîtrise. Il nous a dit un bon réglage du système d’irrigation,  une bonne surveillance de son fonctionnement, et surtout enlever le surplus d’eau quand il y en a. Sa préférence va pour la « pasa », le raisin que les vendangeurs oublient sur la vigne et qui sèche doucement au soleil. On a goûter et c’est délicieux : un raisin sec haut qualité.

Ses aventures : Le jour où il a eu une vision de sa mère, qui a 102 ans et vit à plus de 1000 kilomètres, à son chevet lorsqu’il était malade. Les rêves prémonitoires qu’il fait très souvent. La vierge qui habite son corps parfois. Les larmes qu’il verse chaque matin, en marchant vers ses vignes, en pensant à ceux qui souffrent.