Claudio

CL

Nous sommes à El Bolson, ancienne communauté hippie. Malgré l’essor touristique, pour certains habitants le temps semble s’être arrêté dans les années 70. L’ambiance est détendue et la place principale accueille les jeunes talents musicaux pour le plaisir des passants.

Samedi, lendemain de notre arrivée, il y a une feria avec toutes sortes d’artisans et d’artistes. Comme dans toutes ferias: un coin restauration, avec divers stands et les classiques argentins: empanadas, choripans, sandwichs « milanesa ». Les odeurs donnent faim. Au milieu de tous ces stands assez répétitifs: un chariot en bois, avec écrit en énorme « empanadas ». Sur le devant de son stand, des petites bouchées alléchantes. Fier, dans son stand: Claudio, une cinquantaine d’années bien entamée, quelques dents en moins, invite fortement les passants à goûter ses empanadas arméniennes. Nous goûtons, un régal. Nous déjeunons accoudés à son stand, une discussion s’installe.

« La Cuillère : Comment tu t’appelles ?

Le chef: Claudio

- Tu viens d’ici ?

- Euh oui, d’ici et d’Italie. Je suis d’Italie, mais aussi d’ici. Ma dame est d’ici, enfin était. Je viens d’une région au Nord de Milan., à 100 kilomètres.

- Tu parles italien ?

-Bien sur un peu, je connais la France aussi. D’ailleurs ça vient d’où les culottes de la révolution ?

- … »

On vous passe les quelques échanges sur l’histoire française.

« La Cuillère : T’as un restaurant ici ?

Le chef:Non j’ai mon stand roulant, ça suffit, c’est très bien ce chariot; je suis plus libre.

-Où as-tu appris à cuisiner ?

-Avec ma mère, une grande famille, elle passait son temps à cuisiner. Je l’ai juste regardée, je ne l’aidais pas beaucoup à l’époque, j’étais le plus petit: j’en profitais. Puis j’ai fait ça pour pouvoir sortir avec mes copains étant jeune. Je les vendais à la sauvette, maintenant j’aime les faire, ils sont un peu mieux chaque fois.

-Tu fais tout maison ?

-Bien sûr !

-La pâte aussi ? tu l’as fait comment ?

-Oui. C’est plus ou moins une pâte à pain, avec un peu de farine complète dedans.

-Et la viande ?

-Du boeuf haché, mais mets un peu de citron dessus, c’est meilleur.

-Comment tu le cuisines ?

-Le boeuf: revenu dans une poêle avec des oignons, sel, et piment, tout simple. Attention, il ne faut prendre que des bons produits et surtout ne pas faire cuire trop longtemps la viande, pour  qu’elle ne devienne pas sèche.

-Comment tu les appelles ces bouchées à la viande ?

-Lacomajum

-Ça s’écrit comment ?

-Je sais pas je suis pas arménien.

-Mais c’est arménien ?

-Bah oui oui, c’est du style arménien !

-Et la sauce tomate ? on peut la rajouter dessus ?

-Ah non, ça c’est pour les pizzas. La même pâte que les « empanadas » avec dessus de la sauce tomate et quelques morceaux de mozzarella. Je vous en fait une pour pas mourir idiot ! »

Ces pizzas d’une parfaite simplicité sont un vrai régal, saupoudrées d’origan, cuites au four pendant une dizaine de minutes et le tour est joué !

« La cuillère: Un secret pour la sauce tomate ?

Le chef: La clef: des tomates bien mûres, le mieux c’est de rajouter quelques tomates cerises et un oignon ! La cuire le plus longtemps possible avec du sel et une pincée de sucre !

-On peut prendre une photo ?

-Bien sûr vas-y.

-Merci beaucoup !

-Non merci a vous, ciao. »